Fairmont Hotel & Resorts s’implante à Pékin et Shangai
le 09/01/2012 à 14h30
À Pékin comme à Shanghai, l’emplacement des deux hôtels est idéal. Se situant dans le quartier d’affaires de Pékin – appelé CBD (Central Business District) par les initiés –, l’édifice de 2009 en verre de couleur or rose réfléchit les gratte-ciel qui l’entourent. Le marché de soie est à deux pas et le centre-ville avec la Place Tiananmen et la Cité interdite à un quart d’heure en voiture, sauf aux heures de pointe. Les Pékinois ont malheureusement délaissé leurs vélos pour la voiture, créant ainsi de monstrueux embouteillages. À l’intérieur du Fairmont Beijing, on ne s’aperçoit ni du bruit, ni de la pollution. Sous la douche, l’eau diffuse cependant une odeur d’argile un peu étrange. Une musique d’ambiance – trop forte à l’heure du dîner – ruisselle du lobby jusqu’aux restaurants du 1er étage et du sous-sol. Un dragon géant au plafond du lobby souhaite bonheur et longue vie aux hôtes de passage. Un impressionnant lustre en cristal de 16 mètres de long représente des centaines de poissons, symboles de prospérité en Chine, où chaque couleur et chaque animal est le messager d’un monde imaginaire.
Dans l’ensemble de l’hôtel, du sol au plafond, le marbre orange domine, créant une touche à la fois sobre et noble. Le bel artisanat chinois s’exprime dans une décoration en totale adéquation avec cette ambiance très business : au restaurant, des centaines de lampions soufflés à la main vous accueillent ; ils planent au-dessus de la grande table ronde de la salle privée où les nouveaux millionnaires chinois aiment à faire doubler la note en commandant du vin français.
Dans cet hôtel contemporain, l’équipement et les services, sont dignes d’un palace. Vous pouvez y arriver sans rien ou presque. Vous trouverez dans la salle de bains un shave-kit, une brosse à dent avec dentifrice, une eau dentifrice, une lime à ongle… Le dressing recèle un parapluie, un étui à couture, un fer à repasser avec sa planche, une brosse à habits et un cotonneux torchon blanc à chaussure. Même les préservatifs sont élégamment cachés sous le minibar qui regorge de jus de fruits australiens, d’eaux minérales françaises, d’alcools de toutes origines, de vins et de Tsingtao Beer, la bière chinoise tendance.
La machine Espresso et un service de thé en porcelaine permettent de longues séances de travail au bureau ovale équipé d’une chaise de directeur et d’un ensemble d’outils high-tech : clé USB, monitor, station iPod, lecteur CD, accès Internet. En cas de beau temps, c’est-à-dire aussi sans brume et sans pollution, le réveil est un spectacle inattendu : encore au fond du lit, vous appuyez sur le bouton qui commande l’ouverture des rideaux. En une seconde, la baie vitrée dévoile la skyline de Pékin… Le soleil levant éclabousse les façades en verre. C’est magique ! Comme dans tous les hôtels Fairmont, la carte Président offre l’accès à Internet et la mise à disposition d’un équipement sportif à sa taille.
Le cours de Tai Chi s’impose avant le petit-déjeuner. La carte Gold donne accès au 22e étage avec concierge et réception privée. Cet espace Executive comprend également un très beau salon, l’endroit le plus cosy de l’hôtel avec des fauteuils en velours marron et curry, des vues sur le CBD, des divans et une salle de réunions. La Moonlight-Suite est la suite la plus impressionnante : bureau de président, fauteuil en cuir chocolat, une salle à manger trop sérieuse, mais parfaite pour des réunions et une colossale salle de bains aux baies vitrées teintées : Pékin est à vos pieds. Pour émerveiller les papilles, les deux restaurants ont chacun leurs atouts. À la grilladerie The Cut – le restaurant international du 2e étage – le filet de bœuf d’Australie fond comme du beurre sur la langue, mais ne ratez surtout pas le Peking Roast Duck (le fameux canard laqué) du restaurant asiatique Lunar 8. Préparé à la manière traditionnelle, donc cuit à point derrière un feu à bois, et découpée devant le client, c’est l’un des meilleurs de Pékin, servi, comme il se doit, avec les crêpes, les légumes taillés en allumettes et la sauce brune.
Moins formel, le Peace Hotel de Shanghai est aussi plus glamour et plus extravagant. Un mythe. Dans son légendaire Jazz-Bar, les mêmes musiciens, aujourd’hui octogénaires et un peu fatigués, soufflent depuis trente ans leur old jazz dans une ambiance insouciante et festive. Le Peace Hotel a une telle réputation historique que même les provinciaux chinois de passage à Shanghai ne ratent pas l’occasion de se faire photographier devant l’une des cinq portes à tambour.
L’entrée historique se situe côté Bund, cette célèbre artère le long du fleuve Huangpu qui reliait, à la fin du XVIIIe siècle, les concessions internationales. "Toutes les entreprises et les banques voulaient avoir un siège au Bund, parce que chacune disposait ainsi d’un quai sur le Huangpu", explique Jenny Laing-Peach, l’historienne de l’hôtel. Mais pour des raisons de "feng shui", cette porte qui fait face au fleuve reste fermée. On ne l’ouvre que rarement pour des événements importants, comme, en 1998, pour l’accueil de Bill et Hillary Clinton, qui sont de fidèles clients. Un séjour au Peace Hotel embarque forcément au voyage dans le passé.
En 1860, Shanghai était la plaque tournante de l’Occident en Asie, un port incontournable et une des places financières les plus importantes du monde. Avec ses 12 étages et son toit vert en cuivre, l’hôtel fut la première tour de Shanghai lors de son ouverture, en 1929, par Sir Ellice "Victor" Sassoon, homme d’affaires issue d’une famille de banquiers juifs. Il a d’abord vécu en Inde, puis à Shanghai, où il a défendu les intérêts occidentaux. Ce charmant globe-trotter et ce bon vivant, toujours équipé d’un appareil photo, occupa lui-même le 11e étage et donna de somptueuses réceptions au Peace Hall, qu’on peut toujours louer pour des réunions. C’est aussi ici que Marlène Dietrich donna des récitals, chantant debout à côté du piano noir.
Les rénovations achevées en 2010 n’ont pas effacé ce passé. Le parquet en lamelles de 3 cm, taillées à la main, chante toujours sous les pas de danse. Comme dans une nef centrale, d’immenses lustres Art déco sont suspendus au plafond noir, beige, doré. "L’hôtel avait pour objectif d’être une pièce maîtresse de l’Art déco. Comme New York, Chicago et Miami, Shanghai était à l’époque une des villes Art déco du monde…", souligne Jenny Laing-Peach.Lors de l’ouverture, l’hôtel, dans lequel Charlie Chaplin occupa la chambre 519, en 1936, fut d’abord appelé le Cathay Hotel. En partie détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, l’hôtel est fermé avant que la République populaire de Chine n’y installe des bureaux dès sa fondation en 1949, après la fuite des financiers et des entrepreneurs pour Taiwan.
Victor Sassoon avait quitté la métropole en 1941 en transmettant ses fonds aux Bahamas, où il vivra jusqu’à sa mort en 1961. Son hôtel emblématique rouvre en 1956 sous le nom de Peace Hotel, se référant à la conférence de la paix à Pékin la même année. L’hôtel devient par la suite un refuge pour les ressortissants étrangers en Chine, l’un des deux seuls hôtels en Chine autorisés à les recevoir ! Le boxeur Mohamed Ali y passe une nuit en 1960 ; le Premier ministre français Edgar Faure y rencontre son homologue chinois, Zhou Enlai, en 1964. Le Peace Hotel redevient "the place to be" à partir des années 1970 et accueille notamment les présidents américains Jimmy Carter, Ronald Reagan et, dans les années 1990, le Premier ministre français Lionel Jospin.
Depuis la rénovation et la réouverture en 2010, le chassé-croisé est moins intense dans les couloirs du rez-de-chaussée qui se rejoignent tous sous le vitrail octogonal jaune, ocre et noir. Ce n’est pas un hôtel, c’est une cathédrale. Les chambres les plus petites ont sans doute le plus de charme, et il fait bon y vivre. Le vestibule sert de bar et à la préparation du café et du thé. En face du dressing s’ouvre une porte coulissante blanche vers la salle de bains en marbre blanc et noir, un endroit qu’on ne quitte que difficilement. Le plafond est sublimé d’un décaissé ovale en plâtre qui diffuse une lumière douce. La baignoire aux quatre pieds de fer forgé est accueillante et la douche "Walk-In" est également en marbre. Deux lavabos et deux miroirs se font face.
Pour le petit-déjeuner, le restaurant Dragon propose un buffet international et la vue sur les gratte-ciel de Pudong, sur l’autre rive du Huangpu, un quartier sorti de zone de marécages il y a à peine 10 ans ! Même sans panorama – seules les suites donnent sur le Bund – le petit-déjeuner en chambre est un vrai plaisir. Tous les meubles sont dans des bois foncés, souvent de forme ovale, les rideaux lourds et des tableaux montrant des élégantes reflètent l’époque 1930. Le Shanghai Daily dans une main, la fourchette dans l’autre, vos deux œufs pochés coulent sur d’épaisses tranches de saumon fumé, soutenues par des épinards et deux toasts ronds badigeonnés de beurre. Excellent ! Le jus de carottes a un gout de terre trop prononcé, la purée de pommes est trop sucrée. La salade de fruits rafraîchit. Les toasts, le beurre, les 36 pots de confitures et le yaourt sont de trop, surtout avant votre passage au spa où vous avez commandé un massage "Sun and Moon". L’un de vos plus beaux massages, massage de poings « tui na » d’une heure, sans huile, et à travers le pyjama en soie efface toutes les douleurs et active la circulation sanguine. On se sent immédiatement prêt à rebondir.
Ne pas manquer, non plus, l’initiation à l’extravagante cuisine shanghaienne au restaurant Dragon Phoenix, avec un croustillant Sweet and Sour Mandarin Fish ou – pour les aventuriers culinaires – une courbine jaune braisée accompagnée d’oreilles de porc. Denis Lartique, le chef d’origine française du restaurant européen The Cathay Room, revisite actuellement les grands classiques du Peace Hotel, dont un succulent canard à l’orange…
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