| DOSSIER : Le défi des abysses |
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5 janvier 2009 à 12:14:47 | |  |
Patrick Jamet du groupement des entreprises parapétrolières
« Des exploitations très coûteuses »
L’offshore profond et ultraprofond est une alternative adoptée par les grands groupes afin de répondre à l’épuisement des réserves pétrolières. Il les oblige à se lancer dans une nouvelle course effrénée à l’or noir. Le point avec Patrick Jamet, directeur adjoint du programme Citeph.
 Illustration : Thierry Cap de Coume Patrick Jamet anime le programme Citeph, un programme de soutien à l’innovation, dirigé par le GEP (Groupement des entreprises para-pétrolières et paragazières), lancé le 1er juillet 2007. Ce programme vise à accompagner des projets pour un montant global annuel d’environ dix millions d’euros pendant une première période de trois ans. Il est accessible à des partenaires de la recherche publique et/ou de la recherche privée en France ou à l’étranger.
Commerce International : Pourquoi l’offshore profond (de 500 m jusqu’à 1 500 mètres) et l’ultraprofond (au-delà de 1 500 m) suscite-t-il autant de convoitises chez les grandes compagnies pétrolières ? Patrick Jamet : « En quadrillant les mers à l’aide de navires dédiés équipés de capteurs sismiques, les études d’exploration en mer offrent des gains de productivité nettement supérieurs à ceux obtenus sur terre. Du coup, les chances de trouver des gisements pétrolifères sont plus importantes. En revanche, les coûts de construction et d’exploitation sont cent fois plus élevés. Voilà pourquoi ces domaines sont chasse gardée des grands pétroliers indépendants. »
Quel va être l’impact du prix du baril du pétrole sur les investissements programmés ? P. J. : « La baisse du prix du baril s’est déjà traduite par la suspension de certains programmes de développement de gisements d’hydrocarbures réclamant des conditions d’exploitations très coûteuses. À l’instar du pétrole situé dans la zone arctique, des huiles lourdes au Venezuela ou du pétrole bitumineux au Canada. Par exemple, la faisabilité économique pour exploiter des sables bitumineux exige au moins 70 à 80 dollars par baril (55 à 64 euros). » Quels sont les grands gisements en voie de production ? Où les grandes compagnies indépendantes se positionnent-elles ? P. J. : « Les grands eldorados de demain se situent notamment le long des côtes du Brésil dans le bassin de Campos et celui de Santos avec les gisements sub-salt (sous le sel), en Angola et dans le golfe du Mexique. Les firmes américaines comme Exxon Mobil et Chevron ou Conoco-Phillips y sont très bien placées. De son côté, Total bénéficie d’une situation historiquement avantageuse en Angola où il a des positions très fortes telles que les champs de Girassol, Rosa et Pazflor. À l’instar de ses homologues européens comme le Néerlandais Shell, l’Anglais BP ou l’Italien Eni, il bénéficie également d’un accueil plutôt favorable dans les pays anciennement soviétiques comme le Kazakhstan. »
Quels nouveaux défis technologiques émanent des puits très profondément enfouis ? P. J. : « La détection des réservoirs potentiels très profonds est plus difficile. À l’avenir, il faudra encore améliorer la résolution des échos sismiques et la fiabilité des images en travaillant par exemple sur les fréquences d'émission, leur énergie et amplitude et en y ajoutant d’autres types d'informations telles que la géophysique électromagnétique. »
Dans ce contexte, comment se placent les entreprises françaises parapétrolières ? P. J. : « Au niveau de l’ingénierie et de la construction sous-marine, les Français font plutôt bonne figure grâce à des leaders comme Acergy, Entrepose, Saipem et Technip. Idem dans le domaine de l’exploration pour CGGVeritas qui détient un leadership mondial dans le domaine de la sismique. En revanche, côté forage, les Français font figure d’absents depuis le rachat de Forasol par l’Américain Pride. Ceci montre que les PME françaises seront amenées à nouer des partenariats industriels pour rester compétitives sur leurs marchés. »
Par By Éliane Kan
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