
Illustration : Thierry Cap de Coume
C’est l’une des rares métropoles polonaises à être véritablement connectée à l’Europe de l’Ouest, même vingt ans après la chute du modèle soviétique. Comme d’autres pôles d’activité, Wroclaw et ses environs cherchent à s’étendre. Elle profite d’une dynamique locale naissante, mais se voit aussi freiner dans son développement par des atermoiements politiques.
L’essor de la métropole tient d’abord à sa situation géographique privilégiée (sud-ouest de la Pologne). Wroclaw attire des entreprises étrangères de toute l’Europe de l’Ouest. Les investissements directs étrangers en provenance des grandes puissances occidentales sont en croissance constante depuis plusieurs années. Même si les initiatives gouvernementales polonaises ne sont pas nombreuses pour encourager le développement métropolitain, la ville profite d’un statut de « Zone économique spéciale » qui apporte des aides, notamment sur le plan fiscal, aux entreprises implantées. Le soutien prend aussi la forme d’un accompagnement lors d’installations de filiales ou pour faciliter la recherche de nouveaux partenaires. Plusieurs grandes banques françaises et allemandes, ainsi que des multinationales de la distribution agroalimentaire se sont installés aux environs de Wroclaw au cours des dernières années. Elles côtoient des fabricants et exportateurs de produits métallurgiques et chimiques qui affichent toujours de bons résultats.
Les perspectives R&D La région de Dolnoslaskie, à laquelle appartient la ville de Wroclaw, est positionnée sur un axe d’échanges européens entre Prague, Berlin et Varsovie, et figure parmi les territoires les plus riches du pays. Elle dispose également d’infrastructures développées en matière de transports, alors que le réseau national routier entre les grandes villes reste encore assez pauvre, l’effort ayant surtout été orienté à l’époque soviétique sur le transport ferroviaire. La région compte un nombre important d’emplois dans l’industrie manufacturière. L’électronique, l’industrie automobile, le secteur agroalimentaire et pharmaceutique génèrent 35 % de la richesse de Wroclaw. Le secteur des services occupe une part croissante de 25 %. Signe que l’influence du passé tarde à s’effacer : la finance (17 %) reste moins importante que les services publics (19 %). La ville enrichit aussi sa gamme de marchandises industrielles de haute technologie, destinée à l’export, qui représente la moitié des flux en valeur. Les biotechnologies constituent avec le secteur des énergies renouvelables l’un des secteurs-phares aux yeux du gouvernement, qui concède à la région des aides importantes en matière de R&D. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont vu apparaître un grand nombre de centres d’appels et de back-office des plus grands noms de l’industrie. Le secteur électronique des composants de haute technologie est lui aussi à l’aube d’un fort développement.
Le pari de l’enseignement supérieur Certaines performances sectorielles et avancées locales contrastent avec d’autres chiffres, comme ceux de l’emploi. Le taux de chômage est très élevé dans toutes les classes d’âge, mais certaines branches d’activités sont en manque de personnel qualifié.
Pour créer de la matière grise supplémentaire et adapter au plus vite les savoir-faire aux besoins modernes du marché, le gouvernement œuvre en faveur d’un meilleur niveau d’éducation. Actuellement, seulement 5,5 % de la population obtient un diplôme de l’enseignement supérieur. Selon une étude de l’IAU (Institut d’aménagement et d’urbanisme), la région polonaise de Dolnoslaskie pourrait doubler sa richesse produite annuellement avec un fort taux de réussite dans l’enseignement supérieur, des réseaux de communication renouvelés, et une meilleure collaboration avec les partenaires locaux.
Le gouvernement a créé ainsi sept nouvelles universités depuis 1997, en plus des vingt établissements déjà existants, et aussi de nombreux centres de recherche spécialisés. L’université de Wroclaw est la deuxième plus ancienne du pays. Ces dernières années, elle a vu son nombre d’étudiants croître régulièrement et passer de 38 000 en 2000 à 45 000 en 2008, soit une hausse de 14 %. Des évolutions intéressantes, mais les travaux qui mèneront la métropole à une utilisation optimale du potentiel local restent variés et de grande envergure.