
Illustration : Thierry Cap de Coume
Alors que la récession s’attarde en Espagne et que le taux de chômage atteint les 20 % au premier trimestre 2010, le salut des entreprises françaises désireuses d’y faire des affaires pourrait se trouver sur Internet.
« Il existe de réelles opportunités », souligne Manuel Moreno, responsable du pôle e-Commerce créé fin 2009 par la Chambre franco-espagnole de commerce et d’industrie en Espagne.
« La crise économique qui frappe l’Espagne oblige les Espagnols à rester plus de temps à la maison, ce qui implique de passer plus de temps sur Internet et donc, de chercher de bonnes opportunités d’achats en ligne. »En 2008, ce secteur a connu une progression de 12,7 % par rapport à l’année précédente, mais depuis, la tourmente économique s’est installée dans le pays et le rythme de croissance interannuelle du commerce électronique a chuté, début 2009, à 1,2 milliard d’euros, soit 3,9 % de plus seulement que l’année précédente à la même époque. Selon les observateurs, le secteur reste toutefois porteur.
« L’Espagne accumule un retard d’entre trois et cinq ans par rapport à la France », explique Manuel Moreno.
Or, la courbe de croissance française laisse supposer que l’explosion du commerce en ligne n’a pas encore eu lieu en Espagne. Et en temps de crise, ce secteur se distingue en outre
« par son comportement anticyclique », selon le pôle. Reste à batailler avec les procédures transfrontalières pour les entreprises françaises désireuses de parier sur ce dynamisme potentiel. Et c’est là que la Chambre franco-espagnole a décidé de les assister en s’occupant, par exemple, d’obtenir le numéro d’identité fiscale, de les enregistrer auprès du Trésor espagnol pour la gestion de la TVA, de les guider dans leurs déclarations fiscales, etc.
Mais elle offre aussi des conseils plus immatériels, notamment sur la « sensibilité » du client espagnol qui
« ne réagit pas de la même manière qu’un client français. Il est habitué au contact humain lors de ses achats, et cela même par Internet (...). Leur donner la possibilité de contacter en cas de problème une personne parlant espagnol avec un numéro de téléphone local est une solution très appréciée. » Moins d’un an après sa création, le pôle reçoit la visite d’environ cinq entreprises par semaine.