
Les dirigeants de la société Dominguez-Pastor avec leurs produits labellisés “développement durable” . The Managers of Dominguez-Pastor company showing their products labelised "sustainable development". (Photo : D.R.)
Seize entreprises espagnoles en moyenne se déclarent en faillite chaque jour depuis le début de la crise en 2008. Soit un véritable coup de massue pour le tissu économique espagnol, formé en grande partie de PME-PMI. Difficile pour les jeunes, dans ce climat d’inquiétude, de se lancer sur le marché ou, pour les plus âgés, de se reconvertir lorsque leur activité traditionnelle ne fonctionne plus. Sauf si l’on sait où trouver des conseils. « Quand une entreprise se retrouve dans une situation désespérée, elle a besoin très rapidement de voies de financement. Or aujourd’hui, les portes se ferment », explique Mercedes Afonso, présidente de l’Asecam, une association née de l’union de trois organisations de jeunes chefs d’entreprise des alentours de Madrid (700 membres). « Avec la crise, il est fondamental que les entreprises soient proches des institutions. Cela peut littéralement les sauver », explique cette avocate et gérante de bijouteries de famille.
C’est pourquoi elle a décidé d’établir une convention en avril dernier, unissant l’Asecam et la Chambre de commerce et d’industrie de Madrid. Son président, Salvador Santos Campano – l’actuelle direction pourrait être renouvelée à l’issue des élections tenues au printemps – est convaincu que « l’innovation est essentielle, alors que le chômage est si élevé en Espagne (20 %) ». Avec l’Asecam, il cherche à « encourager l’esprit d’entreprise chez les jeunes ». La Chambre promeut également de nombreuses actions de formation et de conseil, en partenariat avec les grandes universités de la région. « Nous avons formalisé ce que nous faisions depuis un an déjà », précise Mercedes Afonso. Concrètement : permettre aux membres d’Asecam de passer les portes de la Chambre de commerce. « Je n’utilisais pas leurs services avant d’y être encouragé par l’Asecam », se souvient Juan Dominguez, qui a monté il y a quinze ans avec l’un de ses frères la société Dominguez- Pastor, une entreprise spécialisée dans la « communication responsable » et une ligne de produits publicitaires respectant
les critères de développement durable. « Les partenariats que la CCI a établis avec certaines banques et organismes publics nous permettent d’être entendus. Ce qui est loin d’être évident aujourd’hui. »
Après des années d’une croissance qui frôlait encore les 4 % en 2007, l’Espagne est tombée en récession et ne devrait pas en sortir avant 2011. Alors que les banques prêtaient sans trop y regarder pendant le boom, la source des crédits s’est brutalement asséchée, poussant le gouvernement à promouvoir des lignes supplémentaires de prêts à travers l’Institut du crédit officiel.
À Madrid, l’organisation Avalmadrid, créée par et pour les PME-PMI et auto-entrepreneurs, propose aussi des facilités de financement. Mais là encore, il n’est pas toujours évident de savoir où et comment trouver de l’aide. « Le jeune entrepreneur a tout un monde à découvrir et fait face à un véritable “magma” d’aides locales, régionales, nationales… La CCI les dirige dans la bonne direction », remarque Mercedes Afonso. Quant à l’Asecam, elle offre à ses membres une valeur ajoutée plus intangible.
« Il existe un véritable esprit de solidarité », se réjouit Juan Dominguez. « Je suis convaincu qu’appartenir à cette organisation nous sert énormément, car nous sommes accompagnés par un organisme et des professionnels qui ont beaucoup à nous apprendre. Nous nous épaulons aussi entre chefs d’entreprise. » C’est justement cet échange qui prime aux yeux de Mercedes Afonso et qui explique que d’un rassemblement d’associations de jeunes chefs d’entreprises, l’Asecam se soit ouverte à tous les « entrepreneurs de tous les âges pourvu qu’ils soient dynamiques. Les moins jeunes ont une mine d’expérience à partager ».
Un rapprochement que Salvador Campos encourage également. « Les jeunes se sont éloignés des entreprises familiales pour rechercher des postes haut placés et échapper ainsi à une vie qu’ils perçoivent comme peu gratifiante et peu rentable par rapport à l’investissement personnel », explique-t-il. Cependant, la crise semble encourager le retour des jeunes. « Si on leur refuse les emplois qui leur correspondent, les parents
les prennent dans l’entreprise. Or les nouvelles générations portent l’innovation dans leur ADN et elles ont suivi des formations supérieures de qualité. Tous les ingrédients
pour rendre plus rentable l’activité familiale. »
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