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29 mars 2010 à 14:22 | Envoyer à un ami | Version imprimable

Les structures familiales en excellente santé

Les entreprises familiales présentent des indicateurs de performance bien plus satisfaisants que leurs consœurs.

Photo : D.R.
Photo : D.R.

Des enquêtes menées par le groupe KPMG au cours des dernières années sont formelles. Les performances des entreprises familiales, quelle que soit leur taille, sont globalement supérieures de 20 à 30 % par rapport à leurs consœurs à l’actionnariat non familial. Sur la période 2000-2005, leur chiffre d’affaire a progressé de 20 % alors que les autres sociétés ne profitent que d’une croissance de 6 %. Pour Hervé de Rocquigny, codirecteur de la clientèle Privées et Entreprise au sein de la banque patrimoniale Neuflize OBC, « ces résultats ne sont guère surprenants. Le fait d’être personnellement impliqué dans une affaire modifie considérablement l’approche et l’investissement affectif ». Ces sociétés sont également créatrices d’emplois. Toujours sur la période 2000-2005, le nombre de postes de travail affiche une hausse de 6 %. Dans le même temps, leurs homologues détruisaient plus d’emplois qu’elles n’en créaient (- 4 %).
La France est pourtant l’un des mauvais élèves européens quant au nombre de sociétés familiales. Si les artisans et les petites structures sont nombreux, elle compte peu de PME de taille moyenne allant de 100 millions à 500 millions d’euros de chiffre d’affaires, contrairement à d’autres pays comme l’Allemagne.
Les entreprises familiales sont soumises aux mêmes contraintes que les autres sociétés, mais elles appliquent une autre grille de lecture. Elles aussi délocalisent et licencient, mais uniquement en dernier recours, ce qui constitue un avantage à long terme. On pourrait croire que la mondialisation a un effet dévastateur sur les groupes familiaux. Loin s’en faut. Selon un rapport publié l’an passé par PricewaterhouseCoopers, 75 % d’entre eux constatent une croissance de la demande pour leurs produits et services au cours des 12 dernières années, et 57 % une hausse de leurs bénéfices.
La confiance semble également être au rendez-vous. Ainsi, 58 % des dirigeants anticipent une évolution favorable de leur marché, 70 % indiquent qu’ils déploieront une nouvelle stratégie de croissance à court terme et 94 % des patrons affirment même que leur entreprise est compétitive par rapport aux leaders de leur secteur.
Les trois principaux obstacles au développement cités par les dirigeants sondés sont les conditions de marché (44 %), la concurrence (39 %) et l’environnement réglementaire (33 %). En termes de priorités, le recrutement de personnel qualifié est cité dans 42 % des cas, ce qui témoigne de la bonne santé financière de ces entreprises.
L’enquête révèle par ailleurs quelques surprises, portant notamment sur le mode de management des sociétés familiales. Dans 53 % des cas, les membres de la famille qui souhaitent tenir un rôle de premier plan dans l’entreprise ne sont pas mis en concurrence avec des candidats extérieurs. Autre point négatif auquel il conviendrait de remédier : 63 % des structures n’ont pas défini de critères permettant de décider si un membre de la famille peut ou non jouer un rôle actif en son sein. Plus inquiétant encore : 73 % des entreprises ne disposent d’aucune procédure de résolution des conflits familiaux.

Panthéons familiaux
Les entreprises familiales sont réputées pour leur stabilité et pour la qualité de leurs performances à long terme. Mais on connaissait moins leur longévité, qui peut être impressionnante. Certaines d’entre elles deviennent des « Hénokiens », c’est-à-dire des sociétés au moins bicentenaires… Ces structures rares, au qualificatif particulier, forment une association internationale du même nom, qui défend bec et ongles les valeurs humaines et économiques qui constituent le terreau d’une entreprise familiale qui perdure. On dénombre actuellement 41 Hénokiens à travers le monde : 15 Italiens, 12 Français, 3 Allemands, 2 Hollandais, 1 Irlandais, 5 Japonais, 1 Belge et 2 Suisses. « Des chefs d’entreprise, des managers de choc, des dirigeants pas comme les autres », selon les dires de l’association. Parmi les membres, on peut notamment citer Mellerio, un joaillier de Paris, Amarelli, un fabricant de réglisse italien, ou encore l’ébéniste japonais Kongo Gumi, qui exerce depuis le VIIe siècle ! Les objectifs de cette association créée en 1981 sont le développement de ses membres à travers le monde autour d’une philosophie commune : la valeur du concept de l’entreprise familiale en tant qu’alternative aux multinationales.


Mathieu Neu


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