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29 décembre 2009 à 17:32 | |  |
Europe : la reprise reste à confirmer
Alors que l’Europe est sortie de la récession au troisième trimestre, l’emploi et la production industrielle sont en baisse. Une soixantaine d’économistes s’attendent à un ralentissement de la reprise l’an prochain.
Malgré la reprise économique enregistrée au 3e trimestre en Europe, les derniers indicateurs publiés par Eurostat ne sont pas bons. Plus d’un million d’emplois a en effet été supprimé dans l’Union au 3e trimestre, dont 712 000 dans la zone euro. Entre juillet et septembre, l’emploi a diminué, pour le 5e trimestre consécutif, de 0,5 % tant dans l’UE que dans la zone euro, soit -2,1 % en rythme annuel. En octobre 2009, le taux de chômage dans la zone euro a atteint 9,8 %, supérieur de 1,9 point à celui d’octobre 2008. En France, le taux de chômage s’élevait à 10,1 %, contre 7,5 % en Allemagne, 7,8 % au Royaume-Uni et 8 % en Italie. Cependant, l’emploi réagit traditionnellement avec retard sur le redémarrage de l’activité. Par ailleurs, pour la première fois depuis avril, les entreprises ont vu leur production baisser de 0,6 % en octobre. Après avoir résisté pendant six mois, la production industrielle dans la zone euro est retombée dans le rouge à cause d’un net recul de la production de biens de consommation. La production industrielle a baissé de 1,8 % en Allemagne et de 0,9 % en France. L’Italie et l’Espagne ont enregistré des hausses respectives de 0,5 % et 0,3 %. Au total sur un an, la production industrielle de la zone euro a chuté de 11,1 %.
Ralentissement de la reprise en 2010 ? Selon une enquête Reuters publiée en décembre, l’économie de la zone euro restera en croissance au 4e trimestre 2009, mais le rythme ralentira l’an prochain avec le début du retrait des mesures de soutien monétaire et budgétaire. La soixantaine d’économistes interrogés ne croit pas pour autant à une rechute récessionniste. Ils tablent en moyenne sur une progression de 0,5 % du PIB au 4e trimestre. En 2010, la croissance ne serait plus que de 0,3 % sur les 3 premiers trimestres avant de remonter à 0,4 % en fin d’année. L’inflation, prévue à 1,2 % en moyenne sur l’année 2010, resterait bien en deçà de l’objectif d’un peu moins de 2 % de la BCE. La faible croissance et l’absence de risque inflationniste ne justifient pas un relèvement du taux directeur de la banque centrale, que les économistes voient maintenu à son niveau actuel de 1 % - un plus bas record - jusqu’en octobre 2010 au plus tôt. Il serait ensuite porté à 1,5 % en fin d’année 2010, puis à 1,75 % d’ici mars 2011 et 2 % à la mi-2011. Sur l’ensemble de 2010, les économistes anticipent une croissance de 1,2 %, après une contraction de 3,9 % attendue cette année. La marge d’incertitude est importante étant donné la volatilité des marchés financiers. Les estimations s’échelonnent de 0,2 % à 2,4 %. De son côté, la BCE prévoit une croissance de 0,8 % l’an prochain. Des doutes persistent sur la soutenabilité de la reprise dans la zone euro, où l’Italie et l’Espagne restent à la traîne alors que l’Allemagne et la France mènent le train. L’abaissement de la note de la dette souveraine de la Grèce par les agences de notation Standard & Poors et Fitch, en raison de la grave situation budgétaire du pays, a ravivé les craintes de lendemains difficiles pour les pays de la zone les plus touchés par la crise financière. Autre élément d’inquiétude : le Royaume-Uni, partenaire commercial majeur de la zone euro, ne renouerait avec une croissance de 1,1 % que l’an prochain, après une récession de 4,6 % cette année.
Manuelle Tilly
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