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Réduire les émissions de CO2, principal contributeur au réchauffement climatique : le constat d’urgence à agir en ce sens n’a jamais été aussi partagé.
« Les grandes installations industrielles – centrales thermiques, raffineries, cimenteries… – sont responsables de près des deux tiers des émissions anthropiques de CO2 dans
le monde », indique Gilles Munier, directeur général de Geogreen. C’est bien pour cette raison que le captage du CO2 – dès sa source de production – s’est fait une place légitime parmi l’arsenal des méthodes qui permettent de limiter ces émissions. Cette technologie repose sur le captage du CO2, son transport et son stockage (CTS) dans le sous-sol. Le gaz pouvant être injecté soit dans des aquifères salins profonds non utilisables, soit dans des gisements d’hydrocarbures épuisés.
« Mais le CTS ne rentre aucunement en compétition avec d’autres gisements de réduction des émissions de gaz à effet de serre, tranche Gilles Munier. Il doit être utilisé en complément de technologies en faveur de l’amélioration de l’efficacité énergétique et en cohérence avec les politiques visant à promouvoir les énergies renouvelables. En d’autres termes, le CTS doit permettre de limiter les impacts de la consommation d’énergies fossiles en attendant d’évoluer vers un monde décarbonaté. »Créée en 2007, Geogreen est le fruit d’une association entre l’Institut français du pétrole (IFP, 40 %), Geostock (40 %) et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM, 20 %). En deux ans, elle s’est constitué une clientèle en France (70 %), en Europe (15 %, surtout en Allemagne et en Europe de l’Est) et au Moyen-Orient (15 %). Elle s’adresse à des entreprises de secteurs variés, mais qui ont en commun d’avoir des sources fixes d’émission de CO2 : des électriciens, des entreprises du secteur des hydrocarbures, d’autres dans celui de l’environnement, ainsi que des sites industriels multi-émetteurs.
« Dans ce dernier cas, il s’agit à la fois de regrouper les émissions de CO2 et d’optimiser, sous l’angle énergétique, la gestion de ces émissions », précise le directeur général de Geogreen. Car, pour nombre de ces industries, le CTS s’est imposé comme l’axe majeur de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Un objectif qu’elles se voient imposé par les pouvoirs publics :
« Les industriels vont devoir réduire leurs émissions sur les sites existant en raison de la réglementation, dont les effets entreront progressivement en vigueur entre 2015 et 2020, détaille Gilles Munier.
Par ailleurs, ils doivent également agir dès à présent sur certaines installations à venir, puisqu’une réglementation européenne impose que les futures centrales thermiques soient prêtes pour la capture. » Le déploiement industriel du CTS ne devrait toutefois débuter qu’en 2020 pour se généraliser autour de la décennie 2030.
« L’évolution du marché est guidée par la mise en place de la réglementation et l’évolution du prix de la tonne de CO2 », explique le directeur général.
Les activités de Geogreen se répartissent donc pour l’instant à parts égales entre études d’ingénierie pour le CTS et études conceptuelles et conseil stratégique en amont (incluant les aspects techniques, réglementaires, économiques et analyse de cycle de vie).
« Aujourd’hui, la filière étant émergente, nous conseillons nos clients dans leurs réflexions et décisions stratégiques concernant le “carbon management” sur leurs sites, développe Gilles Munier.
Notre objectif est de leur permettre d’avoir une vision globale des enjeux et contraintes de la mise en place d’une chaîne CTS, cela dès la phase avant-projet. Toutefois, sur le moyen terme, nous nous positionnerons sur la réalisation et l’exploitation des sites de stockage. »Concrètement, lors de ces études conceptuelles, le sous-sol est modélisé en 3D dans ses moindres détails et une simulation d’injection de CO2 est réalisée afin d’examiner les facteurs potentiels de risque du court au long terme. Car le directeur général de
Geogreen se veut pragmatique :
« Choisir un bon emplacement doit reposer à la fois sur la simulation de l’avenir, mais aussi sur ce que nous apprend le passé. En effet, la technologie n’est pas nouvelle ; elle est utilisée dans l’industrie pétrolière depuis des dizaines d’années afin d’améliorer la récupération des hydrocarbures. Ensuite, les sites de stockage doivent être conçus selon un principe de multiples barrières de sécurité permettant d’isoler le niveau réservoir dans lequel le CO2 est injecté des autres couches géologiques. »