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Euromed Management Maroc 29 octobre 2009 à 12:32 | Envoyer à un ami | Version imprimable

Une business school à Marrakech

Les jeunes Marocains ont de quoi se réjouir. Du moins ceux issus de familles aisées et avides de se former dans l’encadrement. L’école marseillaise Euromed Management vient de créer un campus à Marrakech. Cadre de vie et enseignement s’y veulent attractifs.

Photo : D.R.
Photo : D.R.
C’est ce que l’on appelle des conditions d’études idéales. Un campus doté d’équipements sportifs flambant neuf, un corps d’enseignants compétents, des diplômes reconnus au Maroc et en France… Le campus lancé par l’école marseillaise Euromed Management à Marrakech ferait pâlir d’envie tout étudiant européen. Première rentrée le mois dernier avec 60 étudiants, dont 58 Marocains, tous issus d’un concours passé le même jour que les candidats des campus français d’Euromed.
Parmi eux, Kamel Berrada, 18 ans, venu de Casablanca pour intégrer le programme généraliste ESC. Comme beaucoup, il souhaite ensuite tenter le concours Universa, un consortium de sept grandes écoles françaises de management s’adressant aux jeunes diplômés de l’étranger. Kamel loge désormais sur le campus et estime qu’« un Marocain ne peut espérer mieux ». Son camarade Saad Belmejdoub, 22 ans, parle, lui, d’une « oasis en plein désert ». Pour ces étudiants issus de milieux aisés, suivre les cours d’Euromed Management Maroc représente un coût de 10 000 euros par an, incluant frais de scolarité et hébergement.
Situé à environ 20 minutes en voiture du centre ville, le campus est intégré au campus universitaire privé de Marrakech, 25 hectares d’infrastructures construites depuis 2005 – 32 hectares à terme. Le site (30 millions d’euros d’investissement) appartient à la famille de Mohammed Kabbaj, un Marrakchi spécialisé dans l’enseignement supérieur depuis 1987. « La formation privée représente actuellement 7 % des effectifs au Maroc. Le pays s’est fixé un objectif de 20 % d’ici à 2016, rappelle-t-il. Avec une croissance économique moyenne de 6 % par an et la présence d’entreprises euro-méditerranéennes, nous avons besoin de formations répondant aux normes internationales. » Fort de ce constat, l’opérateur rencontre le directeur général d’Euromed Management, Bernard Belletante, en juillet 2008 à Marseille. « Il me fallait trouver un partenaire de référence dans le domaine du management, l’un des quatre pôles stratégiques définis pour notre campus avec l’hôtellerie, l’ingénierie et les métiers de la santé », poursuit Mohammed Kabbaj. Un an plus tard, le statut d’établissement d’enseignement supérieur marocain est accordé et une première promotion prend ses quartiers. Cette rapidité « n’est due qu’à la solidité du projet », assurent les partenaires, parmi lesquels Franck Recoing, vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie Marseille-Provence et membre du conseil d’administration de l’école.
Ce premier « partenariat public-privé signé dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée », comme se plaît à le nommer Bernard Belletante, nourrit de grandes ambitions. D’ici 2015, l’école souhaite porter le nombre d’étudiants à 1 200, en provenance du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest. « Nous offrons aux familles marocaines la possibilité de voir leurs enfants rester dans le pays pour étudier. Cela signifie moins de frais que l’expatriation, mais aussi moins d’inquiétude, en particulier vis-à-vis des jeunes filles », explique Jean-Jacques Michelin, l’énergique directeur délégué d’Euromed Management Maroc. Les familles ouest-africaines pourraient également préférer une business school située au Maghreb plutôt qu’en Europe ou aux États-Unis.
Côté enseignement, la direction insiste sur la nécessité d’avoir sur place « une trentaine de professeurs permanents ». Pour 2009-2010, le chiffre d’affaires du campus de Mohammed Kabbaj s’élèvera à environ 10 millions d’euros, et celui d’Euromed Management Maroc à 500 000 euros. L’école compte porter celui-ci à 10 millions d’euros en 2015 en augmentant notablement les effectifs et la formation continue aux entreprises. Celles-ci sont également approchées pour accueillir les stages pratiques des étudiants. « L’idée est surtout de trouver des leviers pour que les sociétés marocaines embauchent nos diplômés », martèle Jean-Jacques Michelin, « Nous approchons quelques grands noms qui disposent de filiales ici. Les groupes Axa, Crédit agricole (via Crédit du Maroc), ou encore Alcatel se montrent intéressés. »

Cécilia Dubé


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