Commerce International Français Français English English
Accueil Magazine News Annuaire CCI Agenda Partenaires Annonceurs Contact Chercher :
THÈMES
Chambres de commerce
Formation
Assurance
Banque
Ressources humaines
Technologies
Bourse
Stratégies
Responsabilité
Services
Gestion de fortune
Expertise-comptable
Poste clients
Conseils
Débats
Voyages d'affaires
International
TIC
BtoC
Expatriation
Industrie
Externalisation
Investir
Droit
Fiscalité
Logistique
Immobilier
Marketing
Social
Territoires
Développement durable
Automobile
Franchises
Agro-alimentaire
Styles de Vie
Grands Entretiens
Livres


ARCHIVES
2010
2009
2008
2007
2006
2005
2004
2003
2002
2001
2000
1999
Plate-forme Azure 8 octobre 2009 à 13:46 | Envoyer à un ami | Version imprimable

Microsoft se repeint en vert

Pour le géant de Redmond, évolution technologique rime avec engagement écologique. Sa prochaine plate-forme Azure permettra d’accéder à une large palette de services informatiques à la demande et à grande échelle.

Photo : TCA
Photo : TCA

La galaxie Microsoft se forge une mutation tout en vert. Tout d’abord, le géant américain du logiciel assure s’être engagé à réduire son empreinte carbone de 30 % sur la période 2007-2012. Mais, avec Azure, le groupe informatique fait coup double. Dès ce mois de novembre, il va intensifier son nouveau modèle économique : l’informatique à la demande sur Internet, tout en tirant les bénéfices environnementaux du Cloud Computing.
Serait-ce un véritable engagement ou un simplement un « green washing » (argument écologique purement marketing) ?  « Microsoft détient déjà une longue expérience en matière de Data Center (centre de données informatiques, ndlr), notamment avec des services orientés massivement utilisateurs comme la messagerie électronique gratuite ‘Hotmail’, qui est la seconde de ce type aux États-Unis et la première en Europe. Or, on observe que lorsqu’on veut généraliser l’usage des Data Center et les rendre accessibles au grand public, il faut innover sur le plan environnemental », certifie Thomas Serval, directeur de l’une des treize divisions Plates-formes et Écosystèmes de Microsoft dans le monde. Et d’ajouter une remarque importante en matière d’énergie et d’environnement : « Nous ne voulons pas devenir un opérateur qui internalise la pollution de ses clients. De plus, nous nous attendons à ce que les réglementations
s’apprêtent à taxer les pollueurs. »

Outre la fiscalité et la connectivité aux grands réseaux de télécommunication pour Internet, la maîtrise de l’énergie d’un Data Center commence donc par sa localisation. Avec, pour débuter, une constatation toute simple et, pour ainsi dire, naturelle : plus on est situé au nord, plus on peut profiter de l’air frais gratuit (Free Cooling) au lieu de rafraîchir les serveurs à grands renforts de climatiseurs, toujours trop gourmands en électricité. À cet égard, la firme Microsoft tâche d’installer – autant que faire se peut – ses Data Center à proximité du cours d’un fleuve afin de bénéficier d’installations hydroélectriques dont l’énergie est renouvelable, plutôt que de centrales thermiques au fioul ou au charbon, fortement émettrices de gaz à effet de serre.
C’est d’ailleurs le cas, par exemple, du Data Center installé à Quincy, dans l’État de Washington, qui profite ainsi d’une électricité 100 % hydraulique, parce que tirée du fleuve Columbia. Dans un autre registre, l’usine numérique de San Antonio, en Californie, obtient, quant à elle, 10 % de sa consommation électrique de crête à partir d’énergies renouvelables comme le rayonnement solaire, l’éolien ou la biomasse. Quant au prochain Data Cente prévu à Dublin, en Irlande, il utilisera simplement l’air frais extérieur pour limiter l’usage intensif de la climatisation. Côté Green IT, Microsoft multiplie donc les technologies évitant de recourir trop intensivement à la climatisation des serveurs. C’est devenu un credo. « La réussite des activités de Data Center va de pair avec le respect de l’environnement. Pour notre part, nous avons même déposé des brevets en matière de Free Cooling, c’est-à-dire de refroidissement grâce à l’air frais naturel qui réside à l’extérieur d’un Data Center, explique Thomas Serval. Cela nécessite, cependant, d’installer dans la salle des serveurs des capteurs de température et d’humidité qui sont reliés à un système de régulation thermique. » L’idée, c’est de détecter les points de chauffe et d’y apporter un surcroît de refroidissement très ciblé afin de ne pas refroidir à grands frais l’ensemble de la salle de serveurs qui n’en aurait pas besoin. « Les gestionnaires de nos Data Center sont rémunérés, en partie, en fonction de la réduction de la consommation énergétique », se défend Thomas Serval. On parle même d’un objectif de 16 % par an ! « Le Green IT est intrinsèquement intégré à Azure », indique Steve Sfarz, « Evangelist » chez Microsoft qui prévoit de lancer ce nouveau service durant ce mois de novembre. Il est vrai que le Cloud Computing, et notamment celui d’Azure, mutualise l’accès à de la ressource informatique à la demande, évitant ainsi de laisser inutilisée jusqu’à 80 % de la capacité des serveurs.
Autre gain notable, la fiabilité de fonctionnement et la haute disponibilité des équipements. En effet, dans tous les Data Center, les serveurs cassent avec une probabilité d’environ 1 pour 1000, provoquant nécessairement des interruptions de service. Ici, le Cloud Computing innove, car il ré-instancie automatiquement une nouvelle machine lorsqu’un serveur tombe en panne et meurt. Et toute cette opération s’effectue sans même qu’on s’en rende compte. Dans ce contexte, Azure perfectionne et rajoute une corde à son arc : l’infrastructure des logiciels de Microsoft, tout spécialement adaptée au Cloud Computing. Les entreprises n’ont plus qu’à réserver de la mémoire vive (RAM), de l’espace de stockage sur disques durs, de la bande passante et de la puissance de calcul (CPU : Central Processing Unit). Sans plus avoir besoin d’administrer les serveurs, puisque le système d’exploitation, les intergiciels (Middleware) et autres bases de données sont nativement installés.

Le nuage est dans la boîte
Microsoft fonde le développement de sa plate-forme Azure sur la C-Blox, à savoir un véritable Data Center dans une boîte. Ou plutôt dans un conteneur. La C-Blox est le nouveau cheval de bataille de Microsoft pour développer la plate-forme Azure. Imaginez un conteneur en acier de 12 m de long, comme l’on en voit sur les cargos de marchandises. Renfermant un véritable Data Center, avec toutes ses machines (alimentation électrique, onduleurs, climatisation, serveurs…), la C-Blox est prête à l’emploi. « Nous travaillons sur ce concept avec des constructeurs informatiques partenaires », explique Steve Sfarz, « Evangelist » chez Microsoft. « Nous avons spécifié les normes de fabrication et le cahier des charges pour y faire tourner Azure. » Un cahier des charges drastique puisque la C-Blox concentrerait de 1 000 à 2 000 serveurs. Soit une densité de machines au mètre carré 10 fois plus élevée que dans les Data Centers actuels. Autre prouesse, la C-Blox possède, en sortie, seulement 3 prises pour l’électricité, l’eau de refroidissement et la connexion aux réseaux informatiques. Issue de la recherche fondamentale, la C-Blox devrait équiper, dans le monde entier, les centres de données de la firme au rythme de 10 000 à 20 000 serveurs par mois ! À cet égard, le Data Center de Microsoft à Chicago devrait connecter à lui seul 150 à 220 C-Blox sur un étage. Un gros bémol, cependant : si les C-Blox offrent un fonctionnement hautement automatisé, en revanche, elles sont solidement scellées. On ne peut donc les ouvrir. Du coup, si une C-Blox tombe en panne, on la change. Ce qui, à première vue, ne semble pas très écologique.

« Une puissance encore jamais atteinte »
La start-up Lokad teste Azure avant son lancement commercial. Elle ambitionne un jour de louer pour quelques heures plus de 100 000 serveurs simultanés. Avant de lancer sa nouvelle offre Azure, le Cloud Computing de Microsoft, la firme de Redmond, dans l’État de Washington, s’est adressée à des entreprises pour en tester l’efficacité. Avec une seule règle du jeu : ne pas utiliser Azure pour vendre un service commercial pendant la durée du test. Une règle qu’a acceptée la start-up Lokad, composée essentiellement de mathématiciens, statisticiens et informaticiens répartis dans le monde entier et basés en Russie, en Suisse, en Italie et en France. « Nous fournissons en ligne des prévisions économiques qui permettent, par exemple à des enseignes de la grande distribution, de calculer à partir des états de stocks de tous leurs entrepôts les volumes de ventes susceptibles d’être réalisés le lendemain », explique Joannès Vermorel, le fondateur de Lokad qui réalise 80 % de son chiffre d’affaires aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Inde et en Australie. Imaginons une enseigne qui possède 4 entrepôts, 25 000 références de produits, 100 000 unités de produits stockés et 5 000 magasins à alimenter. Cela fait 100 millions de prévisions à synthétiser afin d’assurer chaque jour l’approvisionnement pertinent des magasins. « Il faut 1 minute de traitement informatique par prévision. Avec le Cloud Computing d’Azure, nous livrerons nos résultats en 2 heures à condition de paralléliser les calculs sur plusieurs milliers de serveurs. » Aujourd’hui, Lokad teste « seulement » 50 serveurs d’Azure. « Mais cette flexibilité a un prix : 5 personnes à plein-temps depuis 5 mois pour porter notre logiciel sur Azure », souligne Joannès Vermorel qui espère, un jour, pouvoir faire tourner 100 000 serveurs à l’heure !


Érick Haehnsen


EN COUVERTURE
Dernier numéro
Commerce International - Octobre 2009
No 56


Keith Brebnor, directeur général de la CCI de Johannesburg : Miser sur l’effet Mondial 2010
Entrée en récession en mai dernier, l’Afrique du...
Focus Chambre du Canada : partenariat Canada-Union européenne : Libéralisation des échanges
Focus Chambre du Canada : plan de relance : Tous contre le Buy American
Chambre européenne en Chine : Les entrepreneurs européens face au protectionnisme chinois
En Chine, le retour de mesures protectionnistes provoque de vives...
Chambre de commerce de Bogotá : Lutter contre le climat d’insécurité
Aéroport international Jean-Lesage de Québec : Montée en puissance
En franchissant la barre du million de passagers,...
Implantations : Porter Hetu aide les entreprises
Les 28 régions d'Europe les plus compétitives
Pour la 3e année consécutive, Commerce International met...
Politique territoriale européenne : Rencontre avec Luc Van den Brande
La politique de cohésion territoriale européenne est...
Allemagne : Darmstadt
Voir tous les articles du numéro
English version - Mentions légales - Nous contacter - Crédits - Référencement