
Illustration : Thierry Cap de Coume
L’année du Bœuf s’annonce très chargée pour l’American Chamber of Commerce in China (AmCham-China). Alors qu’une nouvelle administration s’installe à la Maison Blanche, avec le président Barack Obama, les effets de la crise financière se font sentir des deux côtés du Pacifique. Qu’attendre de ce profond renouvellement de conjoncture et d’équipes ?
« Les rapports entre nos deux pays sont aujourd’hui meilleurs qu’ils ne l’ont jamais été », affirme John Watkins, fraîchement élu à la tête de l’AmCham-China qui représente 2 700 individus et 1 200 entreprises implantés en Chine.
« Mais le statu quo me paraît impossible. La pression créée par la crise économique va provoquer soit un rapprochement, soit un éloignement entre nos deux pays. Il est encore trop tôt pour savoir ce que sera la politique chinoise de Barack Obama. Cependant, les commentaires faits de part et d’autre nous incitent à l’optimisme. » Pour contribuer au maintien du commerce bilatéral, essentiel à la réussite de ses membres, l’AmCham-China entretient le dialogue avec les membres du gouvernement et du Congrès américains.
« Bien qu’indépendante, notre organisation effectue de fréquentes visites à Washington, explique John Watkins.
Certaines décisions peuvent beaucoup aider les entreprises américaines à devenir plus compétitives et à faire de meilleures affaires en Chine. Ainsi, de nombreuses PME américaines vendent leurs produits sur le marché intérieur exclusivement. Contrairement à leurs homologues européennes, elles ne sont pas habituées à gérer des différences de langues ou de standards techniques, etc. Afin de les encourager à pénétrer les marchés étrangers, le gouvernement peut, par exemple, promouvoir l’apprentissage des langues, notamment le chinois. »Par ailleurs, et en attendant que la situation économique et politique se clarifie, l’AmCham-China a dévoilé ses ambitions pour cette année.
« à l’heure actuelle, il y a de nombreux appels à la fermeture des marchés, regrette John Watkins.
Nous pensons qu’un retour au protectionnisme endommagerait la paix et la prospérité de nos pays. Nous continuerons donc à plaider pour l’augmentation du commerce et des investissements bilatéraux. » Dans cet esprit, trente ans après la normalisation des relations américano-chinoises, l’AmCham-China s’est fixé trois objectifs pour les trente prochaines années. Premier objectif : 1 000 milliards de dollars par an (soit 772 milliards d’euros) d’exportations US vers la Chine, contre 70 milliards actuellement (54 Mds d’euros). Deuxième objectif : 1 000 milliards de dollars par an de ventes des entreprises US en Chine, contre 100 milliards aujourd’hui (77 milliards d’euros). Enfin, 1 000 milliards de dollars par an investis par les entreprises chinoises aux États-Unis.
« La combinaison de ces trois objectifs ne peut qu’accroître l’interdépendance entre nos deux pays et renforcer la stabilité des relations, observe John Watkins.
Leur réalisation fera disparaître certains des éléments qui gênent aujourd’hui nos rapports, comme le déficit commercial ou le taux de change. » Pour suivre l’essor de ses membres, dont la plupart ont désormais des activités par-delà les zones de Pékin et Shanghai, l’AmCham-China entend aussi étendre son implantation locale
. « En 2008, nous avons ouvert une nouvelle branche à Tianjin et Wuhan, et nous comptons en ouvrir deux ou trois autres cette année, prévient John Watkins. Il s’agit pour nous d’établir des relations avec les fonctionnaires locaux et d’étendre les services que nous offrons à nos membres, comme le soutien en vue de l’obtention de visas de part et d’autre. » D’autre part, L’AmCham-China vient de signer des accords de coopération stratégique avec une dizaine de gouvernements municipaux et provinciaux. L’idée : échanger des informations et participer à l’organisation d’événements de type salons, expositions ou conférences. La Chambre compte également sur ses membres, engagés dans une quarantaine de forums et de comités, pour susciter dans diverses industries des avancées comparables à celles qui ont pu être obtenues grâce au Programme de coopération dans l’aviation.
« Ce partenariat public-privé réunissant les autorités aériennes chinoises et américaines, ainsi que des entreprises du secteur a permis de faire évoluer significativement les conditions d’exercice d’une activité dans l’aviation civile », se félicite John Watkins.