
Photo : Christian Adnin
« Lorsqu’on demande quelle nuisance industrielle est la plus dommageable, 70 % des personnes interrogées au niveau européen répondent spontanément les nuisances olfactives, avant même les nuisances sonores ou les risques sur la santé », indique Philippe Micone, directeur Europe d’Odotech. Conséquence directe de l’étalement urbain, de nombreux industriels, auparavant isolés en périphérie, se retrouvent aujourd’hui en confrontation directe avec des riverains. Production manufacturière, agroalimentaire, compostage ou encore stockage des déchets, ces activités sont essentielles à la collectivité ; pour autant, au nom du droit à la qualité de vie, les riverains ne tolèrent plus les problèmes de nuisances olfactives qu’elles occasionnent.
Gestion de plaintes, temps d’investigation des sources, sur- ou sous-équipements : le coût de traitement de ce problème est souvent très lourd pour l’industriel. D’autant plus lourd que l’investissement n’est pas toujours fait au bon endroit, ni avec les bons outils.
Essaimée de l’École polytechnique de Montréal, Odotech intervient depuis 1998 partout dans le monde sous la forme de mandats d’expertise et d’études d’impact odeur. Loin d’être seulement pourvoyeur de solutions technologiques, la société canadienne vise avant tout à poser des diagnostics avant de chercher la meilleure solution. « Il s’agit en premier lieu de travailler sur l’existant, explique Thierry Pagé, le président directeur général d’Odotech. Nous commençons par détecter les origines du problème, par le caractériser et par le quantifier. C’est seulement après qu’on peut effectuer une série de recommandations utiles afin d’obtenir les meilleurs bénéfices en termes de réduction des odeurs. Grâce à cette méthodologie éprouvée, il devient possible d’optimiser les opérations avec les équipements déjà en place pour diminuer les émissions, ou de définir le juste investissement requis en équipement de désodorisation. »
Pour cela, des unités odeur sont utilisées. C’est la norme européenne EN13725 qui introduit cette unité de mesure (unité odeur par mètre cube) des odeurs. Habituellement effectuée en laboratoire, elle est réalisée de façon ponctuelle. Maintenant, grâce au réseau sans fil de nez électroniques OdoWatch®, il est désormais possible non seulement d’identifier la combinaison des facteurs générant l’odeur, mais aussi de mesurer celles-ci en temps réel. « La plupart du temps, les effluves sont occasionnels : ils ne sont pas forcément perceptibles à un temps donné. Notre approche allie un savoir-faire et une technologie propriétaire. En identifiant ce qui est en cause et à quel moment, on arrive à gérer ro-activement et à déployer les bonnes solutions. »
Reste qu’en caractérisant et en quantifiant le problème, Odotech entend offrir aux industriels un outil d’information à destination de la population et des autorités.
« C’est rassurant pour tout le monde de voir que l’industriel prend en charge le problème, constate encore Thierry Pagé. Les chiffres factuels sont plus éloquents ! Ils permettent une meilleure compréhension objective du niveau du problème et, par conséquent, un dialogue, là aussi plus constructif, vers sa résolution ».
Trois cas pratiques expliqués par Philippe Micone
Le site d’équarrissage de Ferso-Bio. En concertation avec les riverains, appelés à participer bénévolement à la démarche, la mise en place de cette solution en 2006 a permis de réduire considérablement les nuisances olfactives en périphérie d’Agen. « Nous leur avons installé OdoWatch® sur les biofiltres en fin de process. Le système a ainsi permis de réduire de plus de 90 % le nombre de plaintes déposées… »
La station d’épuration des eaux de la ville de Montréal. « Construite au beau milieu des champs, celle-ci est aujourd’hui entourée de riverains. Alors que des sommes colossales ont été engagées pour sa construction, avec OdoWatch®, il a été possible d’identifier les sources d’émission posant problème et de hiérarchiser les actions urgentes à mener. »
Le site d’Artois Compost. À l’instar de la station de traitement des eaux usées canadienne, l’un des trois plus grands sites de compostage d’Europe a été lui aussi équipé en 2007. Tout en augmentant sa capacité de production, il a ainsi réduit de 40 % son niveau de nuisances.