
Photo : Christian Adnin
À l’invitation de l’Assemblée des chambres françaises (ACFCI), plus de 3 000 personnes se sont réunies au Palais des congrès de Paris afin de clôturer les États généraux des CCI. Le Premier ministre français, François Fillon, la ministre de l’Économie, Christine Lagarde, et le secrétaire d’État en charge des PME, Hervé Novelli, avaient fait le déplacement. En pleine opération de communication sur les mesures anti-crise, ils ne pouvaient trouver meilleur public, composé de chefs d’entreprises et du monde consulaire. De son côté, le réseau des Chambres françaises a pu rappeler – publiquement – ses actions à Matignon et Bercy, exposer ses efforts de modernisation et réclamer une contrepartie : devenir « un partenaire privilégié, un interlocuteur permanent » des pouvoirs publics. « Elles doivent jouer tout leur rôle dans la réforme de notre pays », a répondu François Fillon.
Une réforme nationale dont les principaux axes ont été longuement exposés par le chef du gouvernement. Parmi eux : la RGPP (Révision générale des politiques publiques), qui a accéléré les négociations houleuses sur le projet de réforme des CCI. Elle inquiète aussi les syndicats de salariés consulaires, dont une poignée s’était postée à l’extérieur de l’amphithéâtre ce 9 décembre. « Les réformes opérées dans d’autres organisations publiques nous rendent pessimistes sur les réductions de postes. Les présidents et directeurs généraux, eux, ont sauvé leur tête ». En outre, « avec une gestion régionale des Chambres, les conditions de travail seront forcément dégradées », estime une représentante de la Cfdt-CCI.
À l’intérieur, la question sociale n’a pas été abordée. Le rassemblement visait à exposer les nouveaux enjeux du réseau et de ses partenaires. Alain Rousset, président de l’Association des régions de France (ARF) et de la région Aquitaine, estime que « CCI et Régions doivent collaborer dans plus de domaines », citant l’innovation et l’attractivité. Pour l’heure, agences locales de développement économique et CCI proposant un service équivalent sur certains territoires, les entreprises concernées peuvent se demander à qui s’adresser. La présidente du Medef (Mouvement des entreprises de France) a regretté « un éparpillement des responsabilités qui exige une clarification », prenant l’exemple de la formation.
La question du soutien au secteur industriel a également fait l’objet de réflexions. Pour Guy Canu, président de la CCI Rennes-Bretagne, les chambres doivent anticiper. « Il y a deux ans, nous avons piloté une étude prospective sur la filière automobile, en particulier sur La Janais (1). Elle nous permet aujourd’hui d’accompagner de manière plus efficace la mutation à laquelle ce site est soumis en s’intéressant aux véhicules de demain ».
Jean-François Bernardin, président de l’ACFCI, a présenté à François Fillon cinq « engagements ambitieux » (lire l’encadré), avant de l’interpeller sur le processus de réforme des Chambres. « Un texte de loi qui sera destiné à refonder les CCI pour quelques décennies nécessite un peu de temps pour être façonné sérieusement ». Mais le Premier ministre, tout en saluant cette « dynamique de changement », attend « des résultats tangibles » pour les entreprises dès 2009. « Les vraies réformes ne prennent pas nécessairement beaucoup de temps, dès lors que l’on s’accorde sur l’essentiel. Aujourd’hui, il faut accélérer, car les regards et les attentes sont tournés vers vous », a martelé François Fillon.
(1) Le groupe PSA Peugeot-Citroën a annoncé un plan de 3 550 suppressions d’emplois en 2009. À l’usine de La Janais (agglomération de Rennes), 1 750 postes sont visés par un plan de départs et de mutations volontaires.
Les cinq « engagements » des CCI françaises
• Poursuivre la diminution de la « pression fiscale des Chambres d’au moins 10 % d’ici 5 ans ».
• Fournir à « chaque entrepreneur » le « même bouquet de services » dans toutes les CCI, sans oublier la « spécificité des territoires et des besoins ».
• Devenir le « nouveau guichet unique prévu par la Directive services » de l’UE et accueillir « 500 000 porteurs de projets » au lieu des « 336 000 reçus actuellement».
• « Aider à doubler le nombre d’exportateurs réguliers » (de 50 000 à 100 000).
• Former plus de jeunes dans les centres de formation des CCI.