
Photo : Sircom
Communication de la commission européenne, conférence des ministres européens en charge des politiques d’innovation, rencontres des réseaux consulaires européens… Les pôles de compétitivité font l’objet d’une attention particulière ces dernières années. Et cela n’est qu’un début.
Pour faire face à la concurrence américaine et asiatique, l’Europe veut créer des groupements de dimension mondiale. Pour l’heure, sur les 2 000 clusters que compte l’UE, seuls 10 %, selon la direction générale Entreprise et Industrie de la Commission européenne, répondent à cette exigence. Une « stratégie d’innovation élargie » avait été adoptée en 2006 et enrichie depuis par une communication publiée par la Commission (octobre 2008). La « mise en place d’un groupe politique européen des clusters » fait partie de l’agenda communautaire. En coulisses, le réseau européen des Chambres de commerce s’y intéresse depuis 2006. En étroite collaboration avec Eurochambres, « plusieurs têtes de réseau se sont proposées pour piloter chaque volet du Manifesto d’Eurochambres », précise Anne Zimmermann, chargée de mission à l’ACFCI (Assemblée des chambres françaises). L’Unioncamere italienne s’est ainsi penchée sur la création-transmission d’entreprises, la DIHK allemande sur les questions d’efficacité énergétique et l’ACFCI sur l’innovation. Au printemps 2007, leurs travaux ont abouti à un état des lieux des pratiques européennes, à la présentation du rôle joué par les réseaux consulaires et à des recommandations aux institutions.
Dernière étape en date : l’organisation de la première Conférence européenne des chambres de commerce et des clusters, en novembre dernier à Sophia-Antipolis (Alpes-Maritimes). « Les Chambres veulent engager, avec les décideurs européens, un dialogue plus étroit sur la problématique des clusters », indique la Déclaration commune. De leur côté, les institutions européennes ont lancé plusieurs initiatives, dont une cartographie des clusters européens (1). Pour aller plus loin, deux appels à propositions (2) ont été lancés par la Commission (DG Entreprises).
Le premier concerne la création d’une plate-forme d’innovation « pour la coopération transnationale des clusters » (budget indicatif de 10,5 millions d’euros sur trois ans). Le second vise à établir des instruments efficaces pour développer les clusters dits « de classe mondiale » (2,5 millions d’euros). Il prévoit aussi la professionnalisation du « cluster management » en Europe (1,5 million d’euros).
Pionnières sur les clusters européens, les Chambres comptent jouer un rôle dans l’élaboration de cette politique commune. « Nous sommes actuellement en phase de réflexion pour répondre à certains volets des appels », confirme Catherine Mercier, directrice des politiques territoriales à l’ACFCI. Mais les candidatures ne manqueront pas. Des organisations comme Sophia-Antipolis, organisatrice du Forum annuel des pôles de compétitivité (France), des agences régionales ou nationales peuvent proposer leurs services avant le 12 février.
(1) www.clusterobservatory.eu. Voir également
Commerce International n° 38, dédié aux clusters européens.
(2) www.ec.europa.eu
Les cinq propositions des Chambres européennes
1 Lors de la création d’un cluster, les besoins des entreprises doivent être clairement identifiés en amont.
2 Placer les PME au cœur de la politique de cluster.
3 Développer les compétences des animateurs en encourageant les échanges de bonnes pratiques entre clusters européens.
4 Créer les conditions d’une collaboration effective interclusters afin de favoriser leur croissance
et leur visibilité à l’international.
5 Donner aux entreprises une plus grande accessibilité aux programmes européens dédiés aux clusters. Les Chambres se déclarent parmi les plus aptes à transmettre l’information, grâce notamment
à leur implication dans le réseau Entreprise Europe (Enterprise Europe Network).
Source : Déclaration commune sur les clusters, novembre 2008, Eurochambres, ACFCI, CCI Nice-Côte d’Azur.