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Avec la création de l’Union pour la Méditerranée, les chambres méditerranéennes sont en effervescence. À bon droit, puisque la viabilité de ce vaste projet repose en grande partie sur la participation du secteur privé. Bruxelles entend jouer un rôle de levier et souhaite que des acteurs non étatiques prennent le relais du financement. Parmi les exemples illustrant cette politique, le programme Invest In Med vise à développer les investissements, à encourager les flux commerciaux et les partenariats durables entre les deux rives de la Méditerranée.
Financé en majeure partie par l’Union européenne, le projet devrait servir
« à amorcer économiquement les échanges multilatéraux sud-sud ou bien nord-sud », explique Benedict de Saint Laurent, coordinateur du projet au sein d’Anima Investment Network, la plateforme de développement économique du programme.
Fonctionnant comme un déclencheur, Invest In Med permet en effet de réunir, autour d’initiatives diverses et variées, les acteurs de trois grands réseaux : Business Med, regroupant les fédérations patronales du pourtour méditerranéen, Ascame, Association des CCI méditerranéennes, et EUROCHAMBRES. Tous les six mois, un appel d’offres à initiatives est lancé. Pour être retenues et bénéficier de l’aide financière, les initiatives présentées par les membres de ces réseaux doivent répondre à l’exigence cardinale de multilatéralité. En septembre dernier, une soixantaine de propositions ont été retenues, parmi lesquelles l’initiative « Agro-Alimed », présentée par les chambres de Valence (Espagne) et de Casablanca (Maroc), qui vise à soutenir les PME du secteur agroalimentaire de ces deux régions dans leur processus d’internationalisation. Retenu aussi, le projet « Med-Zones » proposé par la chambre Marseille-Provence, en partenariat avec EUROCHAMBRES et l’Ascame, qui entend améliorer la durabilité des zones d’activité.
Représentant près de 500 chambres de commerce dans 21 pays riverains de la Méditerranée, l’Ascame apparaît comme un outil de promotion indispensable et précieux pour la région. Les chambres membres du réseau ont d’ailleurs fait preuve d’un grand intérêt pour le lancement du projet Invest In Med. Les organes de l’Ascame ont, quant à eux, facilité la participation des chambres en apportant le soutien nécessaire pour que celles-ci soient informées et puissent présenter leurs initiatives. Mais l’association, qui vient de fêter ses 25 ans d’existence, développe également ses propres projets de partenariat entre ses membres. Un large plan d’activités devrait être présenté ce mois-ci. Portée par le Turc Murat Yalcintas, son charismatique président, l’Ascame entend devenir l’équivalent méditerranéen d’EUROCHAMBRES. Selon Paul Bichat, coordinateur méditerranéen à la Chambre de commerce de Marseille-Provence,
« l’Ascame connaît, sous la présidence de Murat Yalcintas, un développement important, notamment en termes de contenus ».
Autres acteurs incontournables de la collaboration entre les chambres de commerce du bassin méditerranéen, les collectivités territoriales apportent le soutien du secteur public indispensable au rapprochement bilatéral. C’est le cas des communautés autonomes espagnoles, qui développent des partenariats croissants avec les régions marocaines en donnant priorité aux alliances entre chambres. Il en est de même entre les régions italiennes et tunisiennes. Dans l’hexagone, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et la région de Tanger-Tétouan ont récemment signé une convention de partenariat prévoyant un programme de transfert des savoir-faire consulaires. Enfin, ce sont désormais les Eurorégions qui cherchent à mobiliser les chambres de commerce autour du développement économique transméditerranéen. Première initiative de ce genre, un « pont entrepreneurial » a été créé à l’instigation de l’Eurorégion Pyrénées-Méditerranée (Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Aragon, Catalogne et îles Baléares). Réunis le 14 novembre dernier à Palma de Majorque, des présidents des Chambres de commerce du nord de l’Afrique se sont entretenus avec leurs homologues européens, afin de définir des axes communs de collaboration.