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« Au cours des prochains mois, notre gouvernement s’appliquera à étayer l’économie canadienne et montrera sa volonté de travailler avec des partenaires étrangers. » La phrase de Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada, prononcée lors du discours du Trône le 19 novembre2008, réaffirme l’intention du pays d’être plus que jamais tourné vers l’international.
Rien d’étonnant pour une économie dans laquelle la part des exportations est en croissance constante. Pour favoriser les échanges, le gouvernement peut compter sur les Chambres de commerce à l’étranger. Sur dix-sept Chambres présentes au-delà des frontières canadiennes, neuf se situent en Amérique latine et cinq en Asie du Sud-Est. La plupart de ces pays, comme le Canada, sont membres de l’APEC (Asia Pacific Economic Cooperation), une organisation où le pays est très influent, tout comme la Russie, en raison des importantes ressources naturelles. « Voilà de nombreuses années que nous entretenons des rapports privilégiés avec le Japon, la Chine et presque toute l’Amérique du Sud. Bon nombre de ces pays recèlent un potentiel considérable qui a besoin de richesses énergétiques comme les nôtres pour pouvoir s’exprimer. Nous souhaitons absolument conserver notre statut d’interlocuteur privilégié », explique Shirley-Ann George, directrice générale de la Chambre de commerce canadienne, spécialisée dans les politiques internationales.
Le Canada vit d’importantes ressources naturelles. En 2006, il s’est classé au huitième rang des pays producteurs de pétrole. C’est également un grand fournisseur de gaz, de blé et d’autres céréales. Il produit du zinc, de l’aluminium, du plomb… Autant de matières premières dont les économies émergentes sont très demandeuses. Le Mexique, l’Argentine, le Brésil, les pays d’Asie du Sud-Est s’intéressent grandement à ses ressources. « Les Chambres canadiennes présentes sur ces marchés ont une grande responsabilité, en raison des nombreuses activités liées au commerce de ces richesses », souligne Shirley-Ann George. Le gouvernement souhaite offrir davantage de garanties aux exploitants de matières premières et s’engage à défendre leurs intérêts lors des négociations internationales. « Compte tenu des enjeux qui gravitent autour de nos ressources, toutes les Chambres de commerce du Canada, à l’intérieur comme au-delà de nos frontières, suivront les décisions concrètes avec grande attention ». Le gouvernement du Canada rappelle aussi sa volonté de « conclure de nouveaux accords commerciaux en Asie et dans les Amériques afin d’ouvrir des marchés aux entreprises canadiennes. » Des mesures législatives ratifiant les résultats des négociations conclues avec l’Association européenne de libre-échange, le Pérou et la Colombie, devraient voir le jour rapidement. Au cours du 16e Sommet de l’APEC, qui s’est tenu en novembre2008, le Premier ministre canadien Stephen Harper a insisté sur l’importance d’offrir de nouvelles opportunités au Canada sur le sol sud-américain, notamment en Colombie, pays qui rejoindra probablement l’APEC dans les prochaines années. Shirley-Ann George assure que l’intégration de la Colombie à l’Organisation « serait une très bonne chose et créerait un terrain favorable pour de futurs échanges et investissements. »
Ouvrir de nouveaux débouchés vers l’Amérique et l’Asie
Même si les Chambres canadiennes de Belgique et d’Égypte cherchent également à jouer un rôle influent, l’objectif fixé reste avant tout « la recherche de nouveaux débouchés commerciaux en Asie et en Amérique », reconnaît la dirigeante. Certaines implantations, comme la Chambre présente en Argentine, fondée en 1977, sont devenues ainsi des interlocuteurs de référence et jouent, aujourd’hui ,un rôle tout à fait majeur.
Avec plus de 400 millions de dollars (297 millions d’euros) et un investissement direct supérieur à 2 milliards de dollars (soit 1,5 milliard d’euros), ses membres représentent l’essentiel du commerce bilatéral. Stimulée par la revitalisation de l’appareil économique argentin, « cette Chambre s'est totalement transformée et a gagné en dynamisme », peut ainsi remarquer Shirley-Ann George. D’autres structures, comme la Chambre canadienne du Japon ou bien celle de Thaïlande, sont en exercicie depuis plus de vingt années maintenant. « Cette ancienneté est un atout majeur. Elle donne une bonne connaissance des développements locaux, des enjeux et des réseaux qui se sont tissés dans le temps. Cette expérience leur confère également une grande liberté d’action, tant dans la gestion de leur budget qu’en termes de politique de soutien économique et social, même si les grandes orientations sont fixées par Ottawa. »