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Le discours du Trône de novembre 2008 sonne comme un nouveau départ, un rappel des objectifs fondamentaux. Alors que la crise persistante secoue l’ensemble de l’économie mondiale, les dirigeants canadiens énoncent leurs priorités et fixent les grandes orientations politiques des prochaines années.
« Les ambitions affichées représentent pour nous ne grande satisfaction. Nous sommes très attentifs à la position du gouvernement et constatons aujourd’hui que nous sommes pleinement entendus », se réjouit Tina Kremmidas, vice-présidente adjointe et économiste principale de la Chambre de commerce canadienne.
Le réseau de Chambres, avec plus de 170 000 membres, se présente comme l’association d’hommes d’affaires et d’entreprises la plus influente du pays.
« La diversité des adhérents est indiscutablement une force qui nous distingue d’autres groupes de pression, affirme Tina Kremmidas.
Notre structure est en place depuis près d’un siècle. Elle constitue un référent indispensable et très représentatif des attentes des acteurs économiques du pays. »La Chambre accorde une importance particulière à la consultation réciproque avec ses membres sur des thèmes qui affectent directement les entreprises et font débat. Elle mène des travaux sur les meilleures pratiques pour elles sur les plans fiscal, social, réglementaire… Puis la Chambre communique ses points de vue aux représentants du gouvernement fédéral, mais également aux dirigeants étrangers, aux citoyens canadiens et aux médias. Autant de canaux qui lui permettent d’asseoir son influence.
Une meilleure coopération entre les différentes provinces et territoiresLa réforme du système financier a, bien sûr, largement alimenté les échanges au cours des derniers mois. La crise du crédit a rappelé les dangers d’un mode de réglementation fragmenté. C’est pourquoi le gouvernement opte pour la création d’une commission commune des valeurs mobilières, destinée à resserrer davantage la surveillance des marchés financiers entre les différentes provinces.
« La gestion financière responsable et une meilleure collaboration entre provinces et territoires, visant à établir des règles communes, sont des initiatives que la Chambre préconise depuis longtemps », souligne la vice-présidente adjointe. Les dirigeants canadiens se montrent également favorables au soutien des activités manufacturières actuellement en difficulté, notamment dans le secteur automobile. Ce dernier bénéficiera d’une aide de quelque 2,8 milliards de dollars (2,08 milliards d’euros), comme l’a annoncé en décembre le ministre de l’Industrie, Tony Clément. Les lettres envoyées par la Chambre au Premier ministre, portant sur ce point et sur bon nombre d’autres mesures jugées nécessaires pour assurer la croissance, n’auront pas été vaines. Parmi les recommandations figurait
« l’élimination d’ici 2010 des obstacles au commerce intérieur, à l’investissement et à la mobilité de la main-d’œuvre. » Une demande à laquelle le gouvernement a répondu par l’intention de baisser les impôts, réduire les coûts pour les entreprises pour aider à soutenir la concurrence, et créer des emplois. Le contour des réformes reste encore flou, mais Tina Kremmidas estime que
« les discours actuels montrent une réelle volonté d’agir. » Le gouvernement prévoit aussi de travailler avec l’industrie pour mieux développer les savoir-faire scientifique et technologique national (1).
« Les liens entre public
et privé ont souvent été insuffisants par le passé, ajoute-t-elle.
Des collaborations de ce type sont essentielles. Il faut se réjouir que nos dirigeants abondent en ce sens. » Pour la Chambre, la réussite globale du pays passera par des rapports plus étroits entre les provinces.
Le gouvernement souhaite également rapprocher les territoires, en particulier pour la reconnaissance des titres de compétences étrangers, afin d’attirer davantage d’étudiants internationaux et d’accroître la participation aux programmes d’établissement des immigrants. Des aides supplémentaires aux étudiants, des mesures pour harmoniser les formations et encourager l’apprentissage de métiers spécialisés viennent allonger la liste des priorités gouvernementales pour un Canada plus compétitif. Reste à savoir si le détail de ces grandes orientations sera également en accord avec les attentes de la Chambre.
(1) Cette position est plus optimiste que celle du conseil d’administration de la Chambre du Canada (lire notre article page 46).