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Soutien personnalisé, brochures d’information sur le développement d’activités, accompagnement juridique… Bien des aspects des Chambres de commerce américaines (US Chamber of Commerce) font penser à leurs homologues
européennes. Mais ces services aux entreprises ne sont que la partie visible de l’iceberg et s’inscrivent dans une volonté de changer profondément la société. Les Chambres américaines, dans le sillage de l’organisation mère de Washington, déploient une action politique au travers de programmes et mesures
variés.
« Nous croyons beaucoup à une éducation des entrepreneurs et des citoyens. C’est la meilleure manière de susciter des prises de conscience et faire évoluer le contexte économique et social », explique Carl Grant, président du groupe des conseillers politiques des Chambres.
Le programme « Let’s Rebuild America », initié par l’US Chamber, illustre son implication dans les projets censés mener au succès l’Amérique de demain. Il s’agit de favoriser le soutien public envers l’extension et la modernisation d’infrastructures dans les télécommunications, le réseau de distribution d’énergie, les routes et autoroutes. La Chambre consacre des investissements, des groupes de réflexion et une importante campagne de communication à cette mission destinée à
« créer le contexte indispensable aux besoins de croissance future », estime Carl Grant. L’été dernier, l’Institute for XXIst Century a fait part d’une longue liste de projets « indispensables » qui doivent être une « priorité pour le nouveau président ». Le développement du secteur des transports et les investissements dans les énergies propres figurent en tête des préoccupations.
« En prenant ce type d’initiatives, nous espérons sensibiliser l’opinion et être accompagnés de deniers publics. Plutôt que d’émettre des idées, donnons-leur vie, élaborons nous-mêmes les projets. Nous aurons le soutien que mérite ce type de mission », confie-t-il.
Les Chambres américaines sont confrontées à un autre problème : la méfiance à l’égard du commerce international. Le projet TradeRoots consiste en un programme d’éducation commerciale sur la nécessité d’échanger à l’international.
« Dans un univers mondialisé où les concurrents étrangers croissent à vue d’œil, il est essentiel de comprendre la nécessité de se doter des meilleurs outils pour nous assurer un avenir économique de premier rang », estime Carl Grant. Une part croissante d’Américains ne reconnaîtrait pas que la mondialisation est créatrice d’emplois et représente un bénéfice réel pour le pays. TradeRoots espère corriger ces « mauvaises perceptions. »
D’autres initiatives ont vu le jour récemment. Pour sensibiliser les avocats aux défis du système financier, l’US Chamber a lancé, en 2007, le Centre pour la compétitivité des marchés financiers.
« Ne rien faire dans une situation comme la nôtre serait criminel. Les éclairages apportés par ce projet serviront également aux décideurs politiques afin d’adapter notre contexte réglementaire », souhaite le dirigeant.
« Les États-Unis connaissent déjà un manque substantiel de scientifiques et ingénieurs suffisamment qualifiés et cette situation risque encore de se dégrader en raison d’enseignements inadéquats. Être compétitif dans une économie de haute technologie demande d’autres bases que les nôtres ». Le constat de Carl Grant peut paraître sévère, mais
« le retour d’expériences de bon nombre d’entreprises va dans ce sens ». La loi « No Child Left Behind », entrée en vigueur en 2002 et obligeant les écoles et rectorats à soutenir les élèves en vue de la maîtrise des mathématiques et de la lecture, est un cadre soutenu par l’ensemble des Chambres de commerce américaines.
« Il faut aller plus loin encore pour fournir aux entreprises les ressources humaines de qualité dont elles ont besoin. Les écoles connaissant le plus de difficultés doivent bénéficier d’une intervention publique plus riche. Les enseignants doivent offrir des compétences plus approfondies et mieux adaptées. Il est souhaitable que les enseignements scientifiques et technologiques occupent une place plus importante », poursuit Carl Grant.
Marchés sans frontières Les rapports avec l’étranger représentent un autre pilier à consolider. Environ un quart des revenus des multinationales provient d’autres pays, un chiffre qui a doublé en cinq ans. Deux tiers des investissements américains à l’étranger sont situés en Europe, et il faut y ajouter les implantations sur les marchés émergents – la Chine, la Russie, le Brésil, le Mexique, le Sud-Est asiatique… Il est
« essentiel d’attirer l’attention sur les enjeux inhérents à un tel contexte, la nécessité d’harmoniser des
règles et d’opter pour les mêmes orientations. La bataille se joue avant tout au-delà de nos frontières ». Les relations de travail de l’US Chamber avec plusieurs Chambres européennes, l’organisation patronale Businesseurope et d’autres associations s’inscrivent dans cette volonté. Certaines questions comme la protection de la propriété intellectuelle ou les réglementations chimiques (directive européenne Reach) font l’objet de collaborations rapprochées.
Entre la concurrence de nouveaux géants et la crise financière qui heurte de plein fouet le pays, les États-Unis ont besoin de retrouver des couleurs. Pour répondre aux défis, le réseau, qui fédère 3 millions d’entreprises de tout secteur, ne semble pas trop vaste. À elle seule, la Chambre de Washington regroupe 300 avocats, conseillers politiques, lobbyistes ou communicants… Plus qu’une entité centrale défendant les intérêts des entreprises, elle pèse sur les décisions du Congrès et de la Maison Blanche, située à deux pas. En témoignent les nombreux discours de George W. Bush à la Chambre au cours de ses huit années de présidence.
Pour asseoir son efficacité, la Chambre a créé le Chamber of Commerce Committee of 100 (CCC100), un groupe d’élite composé de membres représentatifs des perspectives et des besoins des Chambres américaines et des entreprises membres. Ils se réunissent deux fois par an et évoquent des sujets de politique, de meilleures pratiques en entreprise, de management. L’objectif est aussi d’anticiper les problèmes futurs qui risquent d’impacter la vie des entreprises. CCC100 conseille l’ensemble des Chambres américaines sur des programmes et services à mettre en œuvre.