| Chambre d'Édimbourgh |
29 octobre 2008 à 12:49 | |  |
Un chardon ardent
 Photo : DR Le pays du chardon est connu pour son histoire commerciale. Dès le XVIIIe siècle, l’Écosse fait des affaires avec le monde entier, devenant l’un des foyers de la révolution industrielle. La Chambre de commerce d’édimbourg poursuit cette tradition avec un engagement qui reflète le dynamisme entrepreneurial local.« En dépit de la crise, nous sommes la Chambre britannique qui a connu la plus forte croissance de son membership en 2007, avec une hausse de 27 %. Nous savons nous adresser aussi efficacement aux PME qu’aux grandes sociétés, dont 90 % d’entre elles sont membres. Nous organisons par an 72 événements qui ont une véritable valeur pour les entrepreneurs présents. Le tiers d’entre eux a pu créer de concrètes occasions d’affaires. Ce sont aussi des moments où ils peuvent s’adresser aux membres du gouvernement local et national. Chaque année, lors de la dernière conférence, le ministre britannique des Finances, Alistair Darling, était présent », explique son président Ron Hewitt.La Chambre de commerce d’Édimbourg profite de la situation enviable de la capitale, sur les plans économique et politique. Sa petite taille (450 000 habitants) ne l’empêche pas de tourner à plein régime : près de 50 000 postes seront créés dans les dix prochaines années. Son équilibre politique a été modifié depuis la dévolution de différents pouvoirs du siège du Parlement britannique à Westminster vers le Parlement écossais, créé en 1997 et établi à Édimbourg. Les Écossais dans leur ensemble sont heureux de profiter d’un centre de décision propre et d’autant plus empressé à mieux répondre à leurs attentes que son pouvoir est encore jeune. Enfin, ce printemps écossais pousse Londres à prêter une oreille plus attentive à ce qui s’y passe. La région reste un bastion travailliste et le Premier ministre britannique, Gordon Brown, est Écossais. Son parti a toutefois subi plusieurs revers dans la région lors d’élections partielles. S’il veut être reconduit à son poste lors du prochain scrutin prévu pour 2010, il devra d’abord convaincre les Écossais. Pour toutes ces raisons, la Chambre d’Édimbourg, qui est parmi les plus grandes d’Écosse avec celles de Glasgow et d’Aberdeen, joue un rôle central au sein de la fédé-ration des Chambres de commerce d’Écosse. « Il n’y a personne avec qui nous ne pouvons vous mettre rapidement en contact à Édimbourg et en Écosse. Notre structure est celle d’une entreprise : nous avons une obligation de résultats, donc de fournir de bons services à nos membres dans des secteurs comme les ressources humaines et la défense de l’entreprenariat », poursuit Ron Hewitt. La Chambre de commerce d’Écosse a adopté la même forme de structure il y a deux ans. Elle a délaissé ses statuts associatifs pour devenir, à son tour, une entreprise privée responsable devant ses membres et les 22 Chambres de commerce disséminées sur le territoire. « Cela fonctionne très bien », estime Liz Cameron, présidente de la Chambre de commerce d’écosse. « Nous avons le plus haut taux de pénétration du pays et la structure est la seconde plus profitable. La Chambre propose des services que les Chambres de commerce locales peuvent offrir à leurs membres. Nous avons ainsi mis sur pied un service de mentorat, avec le soutien de l’Europe. Nous nous appuyons beaucoup sur Édimbourg, car la culture de services aux membres y est très développée. Nous tentons de faire adopter leurs pratiques à travers l’Écosse pour que le service se standardise à travers le réseau. Un membre de notre conseil de direction prend part aux activités de celui de la Chambre de commerce britannique (réseau BCC, ndlr). Nous coordonnons nos activités, nous les laissons par exemple faire le lobbying à Londres. Mais nous restons des entités indépendantes. Les entreprises écossaises sont libres de devenir membre de la Chambre qu’elles veulent. » Liz Cameron et Ron Hewitt se veulent tous deux rassurants à propos des mois à venir, s’efforçant de ne pas donner dans le catastrophisme ambiant. La crise actuelle génèrera des pertes et l’accès au crédit sera plus difficile, ils en conviennent, mais « l’économie écossaise est suffisamment diversifiée pour résister ». La pénurie de main-d’œuvre permettra à ceux qui ont perdu leur emploi d’en retrouver un autre rapidement. Surtout, disent-ils à leurs membres, il faudra miser sur le long terme et les six prochains mois testeront la solidité de leurs projets.
Par By Marc-Olivier Bherer
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