
Pour ATIC Services, douze ans est l’âge de la maturité, mais aussi celui des projets de diversification et de développement. L’entreprise (1), née en 1995 sur les bases de l’Association technique de l’importation charbonnière (ATIC), offre aujourd’hui le visage d’une société singulière et en phase avec son époque. « Singulière, car elle est la seule, sur le marché mondial, à être présente sur l’ensemble de la chaîne, de l’approvisionnement à la source à la livraison à proximité des sites d’exploitation », explique Stéphane Lemoine, directeur commercial et opérationnel. En phase avec son époque, car si elle a poursuivi sa mission originelle – « assurer les conditions d’utilisation d’une énergie charbonnière de qualité, disponible et économique » – elle n’a pas sous-estimé l’importance d’une profonde réorganisation. Depuis 2004, ATIC Services est une holding dotée de cinq divisions qui sont autant de maillons de la chaîne charbonnière : le sourcing, la logistique maritime, la manutention portuaire, la logistique fluviale et le contrôle qualité. L’intérêt ? « Cette organisation en pôles d’activité filialisés et autonomes nous permet d’être compétitifs et en pointe sur tous nos champs d’actions », précise Stéphane Lemoine.
S’adapter aux marchés internationaux
Dans le même temps, le groupe aux 700 salariés n’a eu de cesse de s’adapter aux marchés européen et mondial. En élargissant son champ d’action (États-Unis, Australie, Afrique du Sud, Pologne, Ukraine, etc.) et en se battant pour conserver ses positions sur un marché du fret en pleine explosion, notamment grâce au développement du « part cargo », une formule unique au monde qui permet aux clients d’acheter des cales sur les navires affrétés, ATIC Services a su séduire de nouveaux clients. Autrefois exclusivement française, sa clientèle – des entreprises sidérurgiques et électriques qui lui commandent des prestations de service sur le charbon et la logistique associée – inclut désormais les Pays-Bas, l’Allemagne, la Belgique ou les États-Unis. Les services offerts par l’ensemble du groupe, en particulier par la CFNR et SOMEF pour la logistique fluviale, EMO, OVET, OBA, pour la manutention portuaire, et les autres services déjà mentionnés de logistique maritime et de contrôle, représentent en 2006 un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros, soit deux fois plus qu’il y a dix ans. Un résultat obtenu au prix d’un important effort d’investissement : « Depuis 2003, nous avons investi 100 millions d’euros pour acquérir ou renforcer nos positions dans nos filiales et améliorer notre implantation dans les ports de la zone ARA, où arrivent nos lignes en provenance d’Australie et des États-Unis », poursuit le directeur commercial et opérationnel.
Son objectif aujourd’hui ? Répondre aux attentes du marché, grâce à une offre large et adaptée de prestations, en continuant d’innover dans la chaîne logistique. Pour améliorer son implantation en Europe, ATIC Services songe notamment à s’attaquer aux marchés connexes du vrac et des matériaux industriels (minerais de fer, bauxite, ciment, biomasse, produits finis) et à s’implanter dans de nouveaux ports. Sans pour autant perdre de vue son cœur de métier : « Le charbon est une source d’énergie peu polluante sur l’intégralité du cycle de vie du combustible, rappelle Stéphane Lemoine. Nous croyons en l’avenir de notre matière première de prédilection. »
(1)Ses principaux actionnaires sont Arcelor Mittal (42,4 %), EDF Trading (33,4 %) et Total/CDFE (19 %).